BB

5 mois à Islamabad Paradise Resort...

Blog

Derniers billets

Pages

Compteurs

Liens

Fils RSS

Delhi...enfin!

Par BB :: 18/08/2006 à 13:41

Après sept heures de train, on arrive épuisées à Delhi alors qu'il fait nuit. Je m'attends à ce que la gare soit une cour des miracles et qu'on soit seules au milieu de lépreux et de mendiants, et en fait ça va à peu près. On s'enfonce dans un taxi, direction Gurgaon, banlieue chic de Delhi où on doit rejoindre des amis d'amis, milliardaires indiens, qui sont trop sympas.

Après une soirée cool à tchatcher avec eux, et une bonne nuit réparatrice, on visite le centre de Delhi. Sur les recommandations de nos amis indiens, déjeuner à l'hotel Impérial, vieux grand hotel de la ville, très connu, un peu comparable à l'hotel Old Cataract à Aswan. On se retrouve dans un décord magnifique avec un buffet géant de nourriture occidentale, sur lequel je me jette après avoir passé cinq mois au Pakistan!

Resultat on reste là des heures.

En en sortant, Câline ne se sent pas bien, donc elle rentre à Gurgaon, et moi je vais me balader seule avec le chauffeur qu'on avait loué pour la journée (on est loin du trip de backpackers)...

Le lendemain il est déjà temps de rentrer au Pakistan. On rentre en avion, Delhi-ISB. Le hall de l'aéroport est vide, on est seules avec quelques types, et des télés bruyantes qui crachent des prières de la Mecques alors qu'il y a des images de pélerins qui tournent autour de la Pierre Noire. Atmosphère étrange.

Dernière soirée à ISB pour ma Câ, on retourne au club canadien, comme le jour de son arrivée, grosse fête avec pleins de potes.

Moi il ne me rest plus que 48h ensuite, le 14 juillet, et back to France!

Un 14 juillet énorme, comme c'est souvent le cas dans les ambassades de France du monde entier: réception de l'ambassadeur au Serena Hotel, où je revois (pour la dernière fois) quasiment tous les expats. Puis la soirée off chez un couple qui quitte bientôt le Pakistan, et enfin, énorme soirée au Club français...

 

Dans l'avion, heureuse de retrouver les gens que j'aime en France, mais triste de quitter un pays dont je suis devenue fan, et où il n'y a pas trop de raison que je retourne un jour....

 

Islamabad, fin de l'épisode.

Jet Lag

Par BB :: 30/07/2006 à 0:40

Il est une chose incroyable lorsqu'on passe de Lahore (Pakistan) à Amritsar (Inde): il y a 1/2h de décalage horaire. Oui, oui, vous avez bien lu: une demi-heure. Je ne savais même pas que ça existait.

Mais on a eu une bonne expérience à Amritsar pour s'en rappeler...

 

Le lendemain de notre visite au Temple d'Or, on se réveille à 7h pour prendre un train à 8h, direction Delhi. On ne traine pas, bien qu'on soit à 5mn en Rickshaw de la gare, mais on veut se garder une petite marge de manoeuvre pour être sûres de ne pas se tromper en prenant un train pour Calcutta (on est blondes, peut-être... mais on en est conscientes)! On se sépare à la gare, je vais faire des provisions d'eau et de nourriture pour les 7h de train qui vont suivre, pendant que Câ garde nos bagages et vérifie quel est le quai. Je reviens 5mn plus tard en trottant, les bras chargés de provisions, et je vois de loin Câline assise sur un muret devant la gare, entourée de plusieurs indiens, et qui me fait des signes de la main genre "te presse pas", avec une grimace... au lieu de l'écouter et de ralentir le pas, j'accélère, anxieuse d'apprendre qu'il y a un problème avec notre train. "Laisse tomber, il est parti il y a une demi heure" me lache Câline lorsque j'arrive. Je lève les yeux sur l'horloge de la gare: 8:30. "Attend mais c'est pas possible, on s'est dépechées comme des dingues, on a même pas pris de petit déj à l'hotel, on a trouvé un rickshaw tout de suite, c'est pas possible qu'il soit déjà 8:30, on est gogoles ou quoi!!!" Bah ouais, c'est un peu la conclusion sur le moment en fait, on est vraiment des grosses nazes.

 

S'en suit un gros moment de découragement. On est avec tous nos bagages, on s'est levées tôt pour rien, il fait déjà une chaleur dingue, on a rendu la chambre de l'hotel, on est dans une ville monstrueusement bordélique (et cafardeuse en dehors du Temple d'Or),  et le prochain train pour Delhi n'est qu'à 16h....

Mais Câ prend la décision qu'il faut mieux malgré tout retourner à l'hotel et demander si on peut reprendre notre chambre (en esperant qu'ils ne l'aient pas déjà faite). Heureusement on est bien accueillies.

 

Lorsqu'on est tranquillement en train de déjeuner quelques heures plus tard, Câline sort son portable et constate que le train n'est plus que dans une demi heure alors qu'on le croyait encore dans une heure!

C'est là qu'on comprend tout: il y a une demi heure de décalage et son portable à elle s'est automatiquement mis sur le bon fuseau alors que le mien non! Et alors que c'était le mien qui nous servait de réveil tout le temps!!!! Bref, on part en trombes, et on a notre train de justesse!

Le Temple d'Or

Par BB :: 21/07/2006 à 12:58

On arrive à la tombée de la nuit dans une atmosphère complètement incroyable...

Le Temple d'Or est au milieu d'un grand bassin, lui même entouré par une enceinte dans laquelle on ne peut se balader que pieds-nus et avec un petit foulard sur les cheveux. Bâti en 1601, c'est un lieu saint pour les Sikh. Ils y jouent une sorte de musique hindou avec des instruments qui créent une ambiance très mystique.

Avec Câ on est complètement bluffées par cet endroit.

C'est sans doute le premier moment où on réalise pourquoi ceux qui voyagent en Inde en rentrent enchantés.

On se balade là pendant une heure, ma Câ goûte à l'eau du bassin (sous pretexte qu'elle est sacrée!) au milieu des Sikhs qui s'y baignent. On fait un petit passage à l'intérieur du temple, ça brille de partout, tout est en or.

 

Quand on se décide à partir pour aller diner, c'est avec regret tellement l'endroit est magique.

On s'éloigne à pied de l'hyper centre d'Amristar pour se balader un peu avant d'ariver dans un petit restau qu'on a reperé à l'aller. Mais on s'enfonce dans des rues de plus en plus sombres (par moments on est carrément dans le noir), avec des tas de déchets sur les bords de la route, et évidemment, pas de trottoirs. Donc on manque de se faire faucher à chaque instant par un pousse-pousse ou un rickshaw qu'on a pas vu dans le noir. Là on trouve ça de moins en moins drôle, surtout qu'on ne se repère pas du tout et qu'on est pas sûres du tout d'aller dans la bonne direction! Donc on se met à chercher un rickshaw de dispo, mais pas de chance, tous ceux qui passent sont pris. On finit par trouver un petit pousse-pousse de libre, mais on monte honteusement tellement le conducteur est maigre et que nous on est au contraire très bien en chair... dans les montées, on est obligées de descendre.

 

Enfin on arrive dans le petit restaurant, dégoulinantes de sueur et de saleté. Je n'aurais jamais imaginé à quel point une ville pouvait être sale. On est dans le seul restaurant d'Amritsar qui a l'air d'être à peu près propre (dans la mesure du possible) et où on a une chance d'en sortir vivante, sans une tourista en prime.

 

Ce diner a été un bon break, au milieu de cette introduction au pays, mais pour être hônnetes, on était tellement en panique à l'idée de continuer à s'enfoncer en Inde, qu'on a envisagé un moment de faire demi-tour sur Lahore. Finalement on se sentait beaucoup plus à l'aise au Pakistan!

 

Câ et moi devant le temple d'or (auquel on ne doit normalement jamais tourner le dos, donc on a eu deux trois reflexions de la part de Sikh lorsqu'on a fait cette photo!)

Incredible India!

Par BB :: 13/07/2006 à 15:08

Enfin, le matin du troisième jour, nous avons réussi à passer la frontière indienne....

C'est un No man's land d'environ 1km au milieu de la forêt, où il n'y a aucune circulation. Il n'y a pas de touristes non plus, hormis Câline et moi. Seuls quelques dizaines de types font des allers et retours pied-nus pour transporter des marchandises d'un côté de la frontière à l'autre. Ils se suivent en file indienne, des sacs de pommes de terre ou de fruits sur les épaules. Ils sont habillés d'une certaine couleur selon leur nationalité, les indiens en orange, les pakistanais en bleu. Peut être que c'est au cas où il y en a un qui s'égarerait du mauvais côté de la frontière...

Quoiqu'il en soit, on est au milieu de ce petit monde, sous une chaleur accablante et à trainer nos valises derrière nous. HORS DE QUESTION bien entendu qu'on ressemble à des back packers en s'équipant de sac à dos de scout! Pourquoi pas des dreads pendant qu'on y est! Mais à trainer nos valises parisiennes derrière nous, on paie le prix de notre snobisme. On regarde le panneau de bienvenue de l'Inde, "Welcome to the world's largest democracy" tout en y croyant moyennement...on regrette déjà notre hotel de Lahore, et on se demande dans quoi on va attérir le soir même....

On a passé 3/4h au poste frontière pakistanais, où on étaient seules avec une dizaine de gardes frontières, dans leurs petits bureaux vides où il n'y a qu'une table au milieu de la pièce, 2 chaises, quelques papiers sur lesquels il est ecrit des choses en Ourdou, et un vieux ventilateur qui manque de décapiter la main ou les doigts qui l'approcheraient de trop près... Ca fait penser au décor de DIE ANOTHER DAY, le clip de madonna qui se passe dans des locaux militaires nord coréens, trop glauques....Et maintenant on s'apprête à faire la même chose côté indien: pleins de papiers à remplir, des bureaux où on étouffe, et encore on a de la chance, on est les seules touristes, donc on n'a pas en plus à faire de queue.

 

Tout au bout du No man's land: des grilles. Une fois passées, on est vraiment en Inde. Alors qu'on les a à peine franchies, un type nous propose "Chilled beers?" ah ah! parce qu'on arrive du Pakistan, il croit qu'on a pas bu d'alcool depuis longtemps! S'il connaissait les clubs de l'Enclave Diplo!

Bref, après un petit coca (tatata, pas un light, s'il vous plait: on est en Inde, mieux vaut prévenir que guérir!), on s'engouffre dans un taxi, direction Amristar!

Sur le chemin, Câ et moi sommes silencieuses d'inquétude d'être dans ce pays. C'est quand même un hasard incroyable qu'on se retrouve ici toutes les deux, parce qu'on ne peut pas dire à la base que ce soit le genre de pays dans lequel on a des chances d'être à l'aise... (moi qui manque de m'évanouir quand je vois un cafard, j'ai peur ici d'être servie...).

On regarde chacune de notre fenêtre le paysage. On voit des vaches, des chiens, des gens, de tout au milieu de la route, bordel prévisible pour être complétement honnête, c'est exactement la même chose au Pakistan.... mais à un moment, je vois une forme blanche portée par quatre hommes sur leurs épaules. Je regarde mieux et comprends qu'il s'agit d'un brancard sur lequel repose un corps, recouvert d'un linceuil.... je donne un coup de coude à ma Câ pour qu'elle regarde de ce côté là, et j'observe sa réaction pour voir si elle voit bien la même chose que moi! "Truc de ouf...." Elle en reste la bouche ouverte et avec des haussements de sourcils, me fait comprendre qu'elle a aussi peur que moi de notre arrivée à Amristar...

Bref, après des histoires d'hôtel pas possibles sur lesquelles je passerai parce que ça n'a pas un intérêt dément, on se retrouve dans LE MEILLEUR HOTEL D'AMRISTAR à 70$/nuit, l'Hotel RITZ PLAZA, dont le grand confort des chambres, le goût soigné des parties communes, et l'atmosphère chaleureuse, font penser à un hôtel formule 1 de très grande banlieue parisienne...Passons....

Après une bonne douche, on repart, direction: le temple d'or!

 

 

Road trip, day #2

Par BB :: 12/07/2006 à 15:01

Le lendemain matin, après un petit déjeuner copieux à l'hotel, on part voir la mosquée de plus près, et se balader dans les petites ruelles de la vieille ville. On prévoit d'aller voir le spectacle qui a lieu en fin d'après midi de baisser de drapeau, à la Wagha Border (frontière indo-pakistanaise), puis, de passer la frontière dans la foulée et d'aller dormir à Amritsar le soir même. Les relations entre l'Inde et le Pakistan n'étant pas top d'une manière générale, il est difficile de passer un coup de fil d'un pays à l'autre. Donc on fait tout depuis le portable français de ma Câ pour essayer de se trouver un petit hotel pour le soir même côté indien.

Grâce à Joe, encore une fois, une voiture nous attend à 15h devant l'hôtel pour nous emmener à la Whaga Border. A 15h30 on s'egouffre dans la voiture, quittant l'hotel à regret, mais là....on est pris sous une pluie de mousson, si bien que la circulation, déjà compliquée à Lahore, devient encore plus impossible! Notre chauffeur a l'air encore plus ennuyé que nous à l'idée qu'on soit en train de rater le spectacle....

Une heure plus tard, on arrive à la Wagha Border, alors qu'effectivement, le spectacle est fini, et qu'il n'y a plus personne sinon quelques Rangers -gardes frontière. Et là on apprend que la frontière n'est ouverte que jusqu'à 14h tous les jours....Bref, on rentre à Islamabad, pas très fières de nous puisqu'on à à la fois raté le spectacle, et qu'on a pas réussi à partir en Inde!

Immense consolation: Joe nous appelle (il était au courant de nos échecs avant même qu'on ait pu le lui dire!): il nous a reservé une nouvelle chambre au PC...Trop heureuses de passer une nouvelle nuit dans notre hotel de rêve, on rentre à Lahore le sourire au lèvres! Au programme: room service pour le diner, et spa + MTV, 2ème partie....

 

 

 

Cocoo's Den

Par BB :: 10/07/2006 à 13:56

Avec ma Câ, nous nous sommes prévu un petit round trip Islamabad-Delhi sur 6 jours, avec un arrêt à Lahore (pour voir un peu du Pakistan) et un autre à Amritsar (pour le Temple d'or). A l'aller on fera tout en bus ou train, mais pour le retour on a pris des billets d'avion DHL-ISB.

Samedi matin, départ en bus de Rawalpindi, direction: Lahore! On s'achète les meilleurs tickets VIP-firstclass-best-of-the-best, tellement on a peur de la gueule des bus. En fait ça va tout à fait, la Daewoo Station est aussi moderne que Port Authority à NYC (ou presque...), les bus sont climatisés, et assez neufs, et il y a même une hôtesse qui monte dans le bus avec nous et qui sert du coca pour qui veut pendant le trajet, des clubs sandwichs (auquel je n'aurais pas osé toucher même si je mourrais de faim, mais Câ, malgré mes recommendations, à tenu à y goûter,...) et qui nous met un film bollywoodien. Sympa, mais moi je préfère mon i-pod et Câ dort de toute façon. Il n'y a qu'une chose qui soit vraiment étrange: avant le départ, un type passe avec une caméra dans le bus et filme un à un tous les passagers.... afin de déterminer l'identité des victimes en cas d'attentat, ou celle du kamikaze..... sympa!

Trois heures et demi plus tard, on arrive dans le nuage de pollution et de bruit qu'est Lahore. Il y a des petits rickshaw par milliers qui conduisent n'importe comment. Pour tenir dans ce dawah incroyable, on se dirige directement à l'hotel Pearl Continental, le seul hotel de la ville (avec l'Avari), à être dans les vrais critères européens de luxe. On a prévu le coup, à tel point d'ailleurs qu'il y a trois réservations faites à notre nom (little mistake), deux par l'ambassade, et la troisième par mon pote Joe qui est very successful, very powerful et very helpful puisqu'il a bien voulu faire cette réservation pour moi. La réservation à son nom sent le traitement de faveur, donc on choisit celle-là! 

L'arrivée dans la chambre est un immense soulagement! Dégoulinantes de saleté, chargées et fatiguées, on passe de l'enfer de la ville à un paradis sur terre! Pendant que je dévore une mangue (corbeille de fruits dans notre chambre), en découvrant les nouveautés musicales en europe ("crazy" de Gnars Barkley, "man eater" de Nelly Furtado) sur MTV, Câ transforme notre chambre en Spa: bain, gommages, crèmes, épilation, nails,...

Une fois propres, on est prêtes à ressortir, au programme pour la soirée: Cocoo's Den, LE restaurant le plus cool de Lahore! J'y ai été une fois pendant mon week en avril à Lahore, mais là je suis trop contente de montrer cet endroit à ma Câ! Le principe de Cocoo's, c'est que c'est un restaurant aux derniers étages d'un très vieil immeuble à moitié en pierre et à moitié en bois. Quasiment un petit palais. Et la vue depuis le toit surplombe la grande mosquée de Lahore qui dâte du XIVème siècle.  Bref, une vue digne des mille et une nuits.  On  commande du chapati (pain traditionnel), et plein de sortes de viandes, agneau et poulet, et on reste là au moins trois heures à se raconter tout se qui s'est passé pendant ces longs mois où on était séparées!

 

 

End of day #1...

Kalinka!

Par BB :: 07/07/2006 à 18:26

Et voilà je suis rentrée en France....

 

Quelques jours après l'épisode de la Kalash, Kalinka est venue me rendre visite.

Je l'ai acueillie en burka à l'aéroport de Rawalpindi. Heureusement qu'il n'etait que 6h du mat lorsqu'elle est arrivée, parce que j'aurais complétement étouffé si ça avait été dans la chaleur de l'aprèm. Mais il faisait déjà chaud à 6h et je ne me gênais pas pour secouer mon masque et me faire une sorte de courant d'air!

Câ a finit par sortir de l'aéroport, me cherchant dans la foule qui attendait, sans réussir à me trouver. Elle a juste vu une mendiante en burka qui lui tendait la main mais ne m'a reconnue que lorsque nous étions à 10cm l'une de l'autre et qu'elle avait pris ma main dans la sienne! Ah Ah j'étais trop fière de mon effet!

 

Elle est restée dormir quelques heures à la maison, pendant que je suis allée bosser un peu, puis elle m'a rejointe au taf. Comme c'etait vendredi, tout s'arrêtait à 13h. Alors nous avons traversé l'enclave et sommes parties déjeuner au Club français ouh-yeah. Puis aprèm au bord de la piscine, je me suis appliquée à lui montrer à quel point la vie est dure à Islamabad paradise resort...

Enfin le soir, on est allé à une soirée au club Canadien. Il faisait TELLEMENT CHAUD ce soir là, qu'au lieu d'être dehors autour de la piscine, tout le monde préférait être à l'intérieur dans l'espèce de salle de restaurant, pour avoir la fraicheur de la clim. Mais ça valait quand même le coup parce que ma Câ a rencontré mes potes Clara, Sophie, Arnaud, Paul, Joe, Eric,...j'étais trop fière de la présenter à tout le monde.

 

Le lendemain commençait notre road trip jusqu'en Inde...

 

 

 

Kalachnikov (AK47)

Par BB :: 03/07/2006 à 12:32

 

Vendredi après-midi,  j'ai tiré à la Kalachnikov, la fameuse arme des Moudjahidines.

 

J'étais avec ma copine Sophie. Pour elle, l'intérêt était de comprendre un peu mieux ce dont ses interviewés afghans parlent (c'est une journaleuse...). Pour moi c'est plutôt que Kalachnikov au Pakistan, ça rime un peu avec camps d'entrainement d’Al-Qaïda (donc ça fera bien pour mes diners parisiens)…

 

Donc pour nous faire plaisir, un pote a tout organisé: à 14h30 sous une chaleur incroyable, on a retrouvé un type, Mr Kalach, devant l'enclave diplomatique.  Il a ouvert le coffre de sa Mercedes noire, où étaient alignés un fusil à pompe, une kalachnikov et un 9mm, et il nous a demandé si ça nous convenait. "Très bien, très bien, ça fera l'affaire!".

 

Il voulait nous emmener dans le centre d'entrainement antiterroriste de la police pakistanaise, mais ça nous a finalement été refusé. On est quand même passé sur le site, mais sans s'y arrêter. C'est un endroit à une demi-heure d'ISB, dans les montagnes, avec des terrains d'entrainement sur lesquels il y a plein de cibles, et un slogan partout: "Death before dishonor" (!). On a continué notre chemin jusqu'à la propriété de Mr Kalach; il est en train de se faire construire une grande ferme dans les montagnes;  il n'y avait que deux gardes armés et quelques ouvriers chez lui; on tirait dans un tas de graviers. Sophie était plus téméraire que moi, elle voulait tout essayer même le fusil à pompe, et n’hésitait pas à vider des chargeurs entiers de 9mm. Moi j’étais tétanisée par le bruit qui est hyper impressionnant. Après chaque tir de Kalachnikov j’étais complètement sourde d’une oreille…    

 

Bref, on est parti chercher plus de munitions dans un Gun Shop un peu plus loin. On était en dehors d'ISB, et ça m'a rappelé, parce que j'ai tendance à l'oublier, à quel point ISB n'est pas le Pakistan... en dehors de la capitale, il y a des buffles le long de la route, des poulets qui la traversent, des moutons qui se font égorger de tous les côtés, une poussière étouffante, etc... Après s'être arrêtés dans le petit magasin de munitions, on a continué en voiture pour aller voir le barrage qui approvisionne la ville en eau. Sur le chemin Mr Kalach nous mettait des morceaux de Dr Dre et 50 Cent à fond, nous racontait ses histoires de bad boy, et nous proposait de dégommer - avec le 9mm que Sophie gardait à la main - tout ce qu'on voyait: chiens errants, oiseaux, buffles,... C’était notre Gangster Day. Mais Mr Kalach jouait un peu le voyou pour nous impressionner, je n’étais pas très à l’aise.

 

Bref, on arrive sur le barrage, impressionnant par sa taille. On arrête la voiture, descendons, et faisons trois pas sur ce point de vue incroyable.  Cela ressemble un peu au lac de Serre-Ponçon. Sauf que l'eau est marron, et que c'est ce qui sort à ISB quand on ouvre le robinet! On était seuls dans ce paysage incroyable, silencieux, avec un soleil de plomb, les montagnes autour et le lac au milieu. Je me sentais loin, loin du Pakistan. Pourtant le Pakistan m'a vite rappelée à lui...

 

On monte dans la voiture et là: impossible de démarrer.  Je regarde Sophie, à l'arrière, qui reste zen, alors qu'on est au milieu de NULLE PART! Puis je regarde mon tel, pour constater ce que je redoutais : on ne capte pas. Comment est ce qu'on peut être dans LA voiture qui ne démarre pas alors que c'est la première Mercedes que j'ai vu ici ou presque, et que toutes les autres voitures du Pakistan sont des petites Suzuki de merde mais qui fonctionnent! Mr Kalach n'a pas l'air d'être un fin bricoleur et en ouvrant le capot il ne sait pas plus quoi faire que Sophie ou moi.

 

Sauf que c'est sa voiture! Et sauf que nous on est des filles ! Et il est juste hors de question qu'on passe la nuit avec ce type sur ce barrage !! Et la Rest-House qui est sur le barrage doit être bourrée de cafards !! Je devenais nerveuse et commençais à me demander si Mr Kalach n'avait  un peu fait exprès de tomber en panne ici (plus tard j’ai compris que non). Sophie essayait de me calmer en me rappelant que « de toute façon, le 9mm, il est dans mon sac! » Elle m'a décroché un demi-sourire à cause de l'ironie d'une situation si improbable!

 

Quelques minutes plus tard, une voiture est arrivée avec deux barbus à l'avant, et deux femmes en burkas à l'arrière. J'ai ressenti un grand soulagement à voir cet étrange convoi arriver! Au moins ils pouvaient aller chercher de l'aide, voire même nous ramener à ISB. Les barbus ont posé beaucoup de questions à notre sujet à Mr Kalash, deux occidentales au milieu de nulle part ça les intriguait. Bref, finalement tout s'est assez facilement terminé: un omnibus, avec plusieurs enfants pakistanais aux yeux translucides, est arrivé et les accompagnateurs ont proposé de nous ramener. Finalement j'ai réussi à appeler  quelqu'un qui est venu nous chercher trois quarts d'heure plus tard.

 

Puis, juste pour finir la journée en beauté, on a écrasé un coq qui se baladait au milieu de la route sur le chemin du retour...

 

 

France-Brésil

Par BB :: 02/07/2006 à 17:26

 

 

 

 

 

tennis

Par BB :: 28/06/2006 à 7:16

Ces dernières semaines je me suis mise au tennis.

Un pote m'a prêté une raquette hyper légère, et j'ai pris des cours à raison de 3 fois par semaine - bon, là ça fait une semaine que je ne fais plus rien parce qu'il fait vraiment trop chaud, mais je vais m'y remettre...

 

C'est au French Club bien evidemment, et le prof, Nazir, est un pakistanais assez âgé, avec des yeux d'un bleu incroyable. Il m'a expliqué qu'il était un descendant d'un des soldats d'Alexandre le Grand comme beaucoup d'Afghans et de pakistanais et que c'est pour ça qu'il avait les yeux bleus.

Il a une clope au bec en permanence pendant le cours, et se débrouille pour me faire courir dans tous les sens. Il connait quelques mots de français et m'a bluffée la première fois que je l'ai entendu crier: "cours BB!! couuuuurs!!!" En français+BB! Personne ne m'appelle BB ici! J'ai eu l'impression d'être Forest Gump pendant une seconde quand même...

Bon, c'est un début pour moi, alors je me suis déjà prise pas mal d'humiliations, notamment me manger une balle en plein visage (et pourtant je l'avais vue...)!

 

Et comme le French Club c'est la deuxième maison de tout le monde, il y a forcément quelqu'un que je connais pour passer à un moment ou à un autre et me charier gentiment. Dans ces moments là, la tradition veut que je m'en plaigne à Faisal et qu'il dise en se marrant à la personne: "Don't disturb my student!"

Et là généralement, je ris tellement que je rate la balle...

24 ans

Par BB :: 26/06/2006 à 9:33

Mon anniversaire. Ca y est j'ai 24 ans.

Je sais que c'est encore jeune, mais je me rapproche quand même des 25 ans, âge fatidique auquel la societé ne nous considère plus comme jeune (plus de carte imagine R, ni de carte 12-25,...).

Le jour de mon anniversaire, Dieu a décidé au milieu de cette fournaise (plus de 40°C tous les jours, 35°C la nuit, impossible de dormir sans clim, quand il y a une coupure de courant au milieu de la nuit, on croit mourir), d'envoyer un peu de pluie sur mon Pakistan qui meurt de soif.

J'ai donc, ce matin, vu pour la première fois ce qu'était qu'une pluie de mousson, en même temps que je mangeais mes tartines de nutella, le regard un peu vide dû à la fatigue du lundi.

J'ai dit à JC, entre deux tartines, que c'était mon anniversaire, il a plié son journal et il m'a répondu (accent serbe, rouler les R): "Aaah bah c'est très bien ça! On va ouvrir le champagne ce soir et tu invites à la maison les gens qui te sont chers ici!".  Trop sympa. Donc je vais en parler à Clara dès qu'elle sera rentrée du Nanga Parbat (fin d'aprèm je pense), et à mon pote Joe, et à Paul aussi.

La fête de la musique

Par BB :: 22/06/2006 à 13:26

Pour la fête de la musique, l'alliance française a organisé un concert de "PoP Pakistanaise" dans les studios en plein air de ATV, une chaîne accessible sur le câble.

Alors en sortant du travail, Clara, son copain Pascal qui est là pour la semaine, Paul (nouveau stagiaire là depuis un mois), Manuela (nouvelle stagiaire de l'attaché défense arrivée il y a trois semaines) et moi, on a passé la soirée ensemble.

D'abord, on s'est retrouvé à la piscine du club français, comme tous les soirs, où on traine au soleil, se baigne et papote. Le copain de Clara hallucinait et n'arrêtait pas de nous dire: "eh ben dis donc les mecs, ça va, pas trop dur le Pakistan?", et c'est vrai que maintenant je ne me rends même plus compte de ma chance quand on m'ammène mon coca light DANS la piscine (mieux que le club med!!) où que je me lève de table en jetant nonchalamment un "I'll pay tomorrow" au visage du serveur du club!

C'est vrai que pour le temps qu'on y passe, Clara Paul et moi, on peut dire que c'est notre seconde maison!

Bref, donc on a diné là tous les cinq. Clara et moi sommes fan de la salade de lentilles (pulse salad) et des salades de chèvre chaud, on n'ouvre même plus le menu pour savoir ce que l'on veut commander. Comme c'est notre seconde maison, on connait evidemment tous les serveurs, Bob-l'Explorateur-le-manager, mais aussi tous les clients ou presque. Donc c'est marrant.

 

Enfin, vers 22h on s'est motivé pour bouger au concert de "POP Pakistanaise", qui avait lieu dans H10, c'est à dire au fin fond d'islamabad, je ne savais même pas qu'on pouvait aller dans les H ni dans les 10 (le plus loin que j'ai fait jusqu'à présent c'est G9 et c'est déjà de la bonne zone industrielle). Bref, on quitte Clara et Pascal à l'entrée de l'enclave (qui partaient ce matin très tôt pour faire un trek de plusieurs jours sur le Nanga Parbat), et Manuela, Paul et moi sommes partis en taxis aux studios d'ATV.

D'autres français nous avaient bien conseillé d'arriver au moins une heure en retard parce que quand on dit qu'un évènement commence à 21h au Pakistan, il ne commence réellement qu'une heure ou deux plus tard.

Donc on arrive et il n'y avait pas le moindre son, mais par contre plein de monde. Au moins 500 personnes, assises face à la scène vide et silencieuse. A notre arrivée, toute la partie du public de ce côté là de la scène nous regarde. Tout le monde. C'est assez gênant. On se faufile à l'arrière du public, d'abord pour échapper aux regards, mais aussi pour pouvoir partir à tout moment si ça devient relou. Mais en fait un pakistanais visiblement membre du staff vient nous chercher pour nous placer en VIP. Il fait déplacer trois personnes pour nous (ce qui était très génant surtout que nous on preferait rester debout derriere pour pouvoir partir à n'importe quel moment!), vérifie qu'on soit bien, puis disparait.

 

Le concert commence. Pchiiiiiiiiiiiiii plein de fumée blanche qui cache un beau gosse qui arrive en moto sur scène. Typiquement le mec des films bollywoodien. On a refait la prise trois fois, avec le petit passage de la main dans les cheveux, parce qu'à chaque fois la pub n'etait pas finie (petit pb de communication avec l'antenne, I guess). Il présente deux-trois trucs, puis, enfin, le premier chanteur arrive, seul, avec une guitare.

Re-pchiiiiiiiiiiiiiii avec spotlight orange sur lui, et il commence à jouer et à chanter sans qu'on entende quasiment rien. Comme s'il parlait tout bas. Je me retourne vers Manuela (on rigolait déjà pas mal du folklo de la situation) l'interrogeant du regard sur le normal de la situation et là on EXPLOSE de rire toutes les deux!

Ah là là, heureusement oui, ce n'etait qu'un petit problème de micro, mais résultat quelqu'un est venu l'interrompre au milieu de sa chanson pour lui demander de recommencer à zéro (ne me demandez pas, je ne COMPRENDS PAS comment ça pouvait être du direct), mais d'abord il y avait quelques pubs.

Alors re-silence de mort sur la scène et dans le public, et juste le chanteur qui s'entraine à faire deux trois accords sur sa guitare, puis qui nous dit "I wish I had a joke to tell you...". Ah ah ah, moi re-morte de rire, je ne m'arrêtais plus!

Puis quand même, je me suis dit qu'il fallait que j'ai un peu de tenue, parce qu'il ne faut pas que les pakistanais croient que je me moque. Donc je suis redevenue serieuse.

 

Avec Manue et Paul on se disait qu'on allait se barrer après la prochaine chanson. Et là, je sais pas pourquoi, je me suis fait une petite peur et je me suis dit: "et s'il y avait une bombe?". C'est vrai après tout, c'est un évènement français  (même si la quasi totalité de l'audience était pakistanaise) et il n'y avait aucune sécurité (des militaires partout, comme partout dans ce pays, mais personne ne contrôlait les entrées, ne fouillait les sacs, ...). Cela dit Islamabad est loin d'être Karachi, mais bon. Donc j'ai eu ce petit doute que j'ai soufflé à Manue assise à côté de moi, et je me suis aperçue la pauvre qu'elle aussi y pensait et qu'elle était en train de se gâcher la soirée à cause de ça! Elle regardait partout, les mecs sur le toit, à gauche à droite, etc,...

Bref, on a finalement regardé deux ou trois autres chansons (dont une imitation pakistanaise de rap américain, malheureusement indescripible par écrit, mais à hurler de rire là encore), puis on est parti.

Ah là là, mais le concert c'etait trop drôle au début j'avais quasiment mal au ventre tellement je riais (en vrai je me sens un peu odieuse d'avoir autant ris mais pleins de pakistanais se foutaient de la gueule des chanteurs aussi).

J'ai terminé plus calmement au bar du Mariott avec Paul, autour d'un smoothie à la mangue. Trop bon.  

Islamafoot!

Par BB :: 16/06/2006 à 6:29

L’engouement pour le mondial est arrivé  jusqu’à Islamabad.

On en parle partout ! Entre expatriés, mais aussi avec les pakistanais.

Il y a deux jours, j’étais dans un taxi, et on rigolait le chauffeur et moi, en parlant de foot. Il essayait de me dire avec politesse qu’à ses yeux la France avait peu de chances de gagner, et qu’il voyait plutôt en grand gagnant le Portugal ou la Grande Bretagne.

Moi j'y connais rien.

 

 Je vais juste au club français les soirs de match avec la France (enfin pour le moment, il n’y a eu que France - Suisse, mais j’y retourne dimanche soir). On a réussi à négocier avec le gérant, Bob (l’Explorateur), que le club diffuse en direct les matchs sur grand écran, moyennant quelques centaines de roupies de pourboire pour le serveur qui tiendrait le bar aussi tard.

Le décalage horaire avec la France (+ 3h) fait que ça va se terminer assez tard certains soirs, même si ça a aussi son charme : belles nuits d’été, entre 25° et 30°C à minuit, on peut toujours se jeter dans la piscine à la mi-temps !

Bref, bonne ambiance,  mon pote Arnaud qui est le plus motivé, s’est trouvé sur Blue Area un haut de maillot de l’équipe de France, taille unique (moulant, très moulant), et il hurle dès qu’une occasion de marquer à été ratée….

Le premier match de la France a été assez calme parce qu'on n'a pas gagné, mais si à l'avenir ça dégénère un peu, promis, je montre ça en photos... 

La Métamorphose

Par BB :: 15/06/2006 à 5:58

J'ai rencontré les premiers cafards de la saison il y a deux semaines environ...

Il était 21h, je sortais de chez moi, et sur la terrasse je me suis retrouvée nez à nez avec un gros cafard étalé sur les marches qui bloquait la sortie. J'étais en train d'hésiter à passer au dessus lorsque j'ai remarqué le second. Celui-la était sur la porte d'entrée et m'empêchait donc d'aller me mettre à l'abris à l'intérieur. J'étais bloquée entre ces deux horreurs marrons, énormes, et volantes, en train de me demander comment j'allais me sortir (vivante) d'une situation pareille.

Avant que j'ai pu décider quoi faire, celui qui était à au moins 2 metres de moi m'a sauté dessus! Il est lourdement tombé sur ma cuisse alors que j'etais immobile au milieu du perron, et que je ne m'y attendais pas du tout! J'ai hurlé avant meme de le voir, parce qu'en le sentant sur ma cuisse, j'ai tout de suite compris. J'ai sauté, continué à hurler au viol, à l'assassin, mais rien ne suffisait, il s'accrochait sec le petit con. Il a fini par tomber, et haletante, tremblante et pleurant à moitié, j'ai couru me refugier dans la maison (puisqu'en me sautant dessus au moins il avait libéré la porte).

Bref, je n'ai pas dormi de la nuit ensuite. J'ai raconté l'histoire à JC le lendemain, et, trop sympa, il a fait désinfecter la maison. Et je me noie dans du Baygon tous les soirs en m'endormant. Je ne survivrais pas si je me reveillais en pleine nuit que j'en surprenais dans ma chambre...

Tout cela me fait penser qu'il est temps pour moi de rentrer en France...

The roof is on fire!

Par BB :: 14/06/2006 à 5:23

Samedi soir, j'ai été diner avec un pote dans un restau en haut des Margalas (montagnes qui entourent Islamabad), à 20mn en voiture.

 

On est arrivé dans un petit bouiboui pakistanais, où on était les seuls clients. C'était en plein air, une maison qui faisait office de cuisine, quelques marches pour monter sur une terrasse un peu plus en hauteur sur le denivelé de la montagne, avec une autre maison, l'air abandonnée mais qui devait appartenir au restau.

 

On se pose à une table de la terrasse, il y avait un chiot et un jeune chien (quelques mois) qui dormaient à nos pieds, ils avaient la peau sur les os. J'aurais adoré les caresser mais des chiens quasi abandonnés dans les montagnes au Pakistan, ça sent quand meme le sac à puces et à pleins d'autres choses! L'ambiance était bizarre; il faisait nuit, il y avait deux-trois ampoules sur la terrasse, qui éclairaient assez mal et dont on sentait que le courant faiblissait souvent. Silence total, pas de bruit de voiture, rien. Et au loin, sur les montagnes en face de nous, un enorme incendie. Il faut savoir qu'il fait tellement chaud et sec qu'il y a tous les jours des incendies dans les Margalas et les chemins pour aller tout en haut sont tellement tortueux, que les camions de pompiers ne peuvent pas y accéder (et c'est le Pakistan, donc il n'y a évidemment pas de canadair ni rien), c'est triste. Il y avait tellement de vent qu'on voyait l'incendie évoluer à vue d'œil de loin.

Bref, on était Joseph et moi dans ce decor surréaliste, en silence, avec le feu en face, le serveur qui ne parle pas anglais, les chiens squelettiques, et évidement pleins de cafards partout, que je voyais devant, derrière, à gauche, à droite, sous l'assiette et sur la chaise.... j'étais pas tres détendue à cause de ça. Pas de menu évidemment, mais le serveur nous amène du mouton (certainement égorgé derriere la cuisine!), et du chapati qui est le pain local, plus une bouteille d'eau, mais qui n'était evidemment pas scellée (donc elle venait, dans le meilleur des cas, du robinet, donc elle était évidemment IMBUVABLE). Merci à Coca Cola qui a penetré le marché jusque dans les endroits les plus reculés du monde, et grâce à qui on a pu boire un truc non contaminé!

Bref, moi je ne mangeais que le pain évidemment, avec une demi-fesse appuyée sur la chaise seulement, mon coca dans la main, et jetant des coups d'œil de tous les côtés en permanence pour surveiller les cafards. Mais Joseph était plus téméraire que moi et mangeait du mouton sans se soucier de la compagnie. Dès que le serveur s'éloignait, on donnait plein de bouffe aux chiens squelettiques!

Bref, tout était tranquille, l'ambiance était complétement incroyable, jusqu'au moment où....je tourne la tête vers Joseph et je vois une forte lueure derriere lui. Je lui dis "oh regarde il y a de la lumiere juste derrière", puis je tourne un peu plus la tête et là je vois des flammes qui dépassaient la hauteur de la maison! C'était un incendie qui venait de démarrer à 5 mètres de nous!

 Ensuite tout s'est passé en une seconde: Joseph a vu ma tête effrayée, s'est retourné, il a vu les flammes lui aussi, il a tout laissé en plan et a COURU balancer un billet au mec pour le diner, puis il m'a chopée par le bras et m'a entrainée en courant vers la voiture! On est parti en trombe parce que les chemins sont tellement tortueux ici, qu'il avait peur que le feu nous coupe la route et qu'on soit coincés. Avec le vent qu'il y avait, le feu avait démarré en une seconde et il était énorme, il pouvait facilement aller plus vite que nous en jeep dans ces routes en lacet. Finalement, je ne sais pas si c'est parce qu'on a été plus rapides que le feu, ou parce qu'il n'est pas allé dans la même direction que nous, mais on s'en est sorti.  

Par contre....le restau, les serveurs pakistanais, les petits chiens....je ne sais pas ce qu'ils sont devenus... Les serveurs ne parlaient pas anglais, et on n'a pas pris le temps de leur expliquer et de leur proposer de monter dans la voiture (bien que je ne pense pas qu'ils auraient abandonné leur petit restau comme ça).

On a appelé les pompiers evidemment mais il nous ont dit qu'ils n'avait pas les moyens de monter dans ces parties si tortilleuses donc ils n'y ont pas été.  Bref tout ça est horrible. Moi sur le moment je ne realisais pas le danger et si Joseph ne m'avait pas attrapée en courant, je serais restée là à regarder l'incendie à 5m comme si c'était un feu d'artifice!

Community Link Bulletin

Par BB :: 07/06/2006 à 5:54

Toutes les semaines, la communauté internationale d'Islamabad reçoit par mail le "Community Link Bulletin" créé par les épouses des hommes travaillant à l'ONU.

Dedans tout ce qui se passe à Islamabad est repertorié: un diner thaï au US Club, un spectacle de danse à l'alliance française, un nouveau SPA qui vient d'ouvrir, une voiture à vendre, etc...en voilà un extrait:

 

"June 23rd – UNWA (United Nations Women’s Association) Coffee Morning, 9:30 a.m. at the UN Club, featuring Anjum Rana and her truck paintings".

 

Et en voilà un autre de la rubrique "pets adoption":

 

"Home sweet home needed desperately for family of Cats.  Mano, female,  black & white around breast, stomach & legs, & looks like wearing white socks, quiet, soft meow, gentle, loves being caressed, clean & normal proportion – not fat or skinny.  Kala, male , 2 yrs old, black, big, long & w/ big sharp, eyes.  Macho cat but a gentleman & loves his kitties w/c is unusual among male cats.  Polly, female, 2 yrs. Old, small, but gentle, black & has a sweet look.  A gentle, & protective mother.  Milky, son of Polly,  1 yr. old, but white as milk & very sweet, loves being caressed & gently talked to, very playful as he is still a toddler.

We all like  living outdoor but occasionally also like sitting & sleeping indoors esp. when it is too hot, rainy or cold.  Our favorite food is chicken liver & fish curry but also like dry food.  We love climbing trees & sitting beside our Madam who will soon be leaving Pakistan.  We love our house & garden but we can adjust.  Help us find a new home.  Call  282 5549 or 0300 854 8445 if you wish to adopt all  or any of us".

 

Ben Laden

Par BB :: 06/06/2006 à 5:19

Ai entendu dire ce week end qu'on pouvait trouver des tee-shirts Ben Laden à Islamabad.

 

Alors j'ai mené ma petite enquête pour m'en trouver un. Parce que j'aimerais agrandir ma série de tee-shirts mythiques (en ai déjà un qui date de la première guerre du Golfe, et qui fait de la propagande pour Saddam, avec son portrait, des missiles Scudes et une inscription en arabe qui demande quand est ce qu'on envoie le prochain sur Israël; et un autre du Hamas).

J'ai été en repérages dimanche à "Supermarket" qui est le centre commercial de F-6. Les pakistanais me regardaient un peu drôlement lorsque je demandais des tee-shirts Ben Laden, ils m'auraient plutôt vendu un pachemina en soie, mais ils m'ont quand même indiqué un petit "garnment shop" un peu plus loin.

Là, le vendeur m'a déballé tout son stock de tee-shirts Ben Laden, de toutes les tailles, il m'a fait remarquer qu'il y avait la tête de Ben des deux côtés du tee-shirt, et que devant il était même en couleur! Mais il a voulu me les vendre pour 500 roupies pièce (=7 euros, fout ma gueule?). Suis partie sans en acheter jouant les grandes professionnelles en négociation à qui on ne la fait pas. Le problème c'est que personne n'a jamais essayé de me rattraper. Finalement, j'ai envoyé un pakistanais hier qui me l'a négocié à 325 roupies pendant que j'etais cachée à quelques mètres.

 

Mais je ne sais pas si mon ami Bin Ladin apprécierait s'il savait son portrait sur ma poitrine!

 

Ségrégation

Par BB :: 03/06/2006 à 11:50

La vie d'expat au Pakistan ressemble, à mon avis, beaucoup à l'époque coloniale.

Il y a donc beaucoup de situations qui sont gênantes...

Ce qui s'est passé l'autre jour, à la farewell party d'un couple de français, en est un bon exemple.

Olivier et Rachel avaient réuni toute la petite communauté française, et ils avaient loué les inévitables coussins, tapis et guirlandes de lumières, qui sont un must aux soirées d'ISB. Il y avait beaucoup de serveurs  également, employés pour la soirée. 

A un moment, Olivier a été chercher une bouteille dans sa cave, et il s'est retrouvé nez à nez avec l'un des serveurs qui etait en train de piquer une caisse de bouteilles! Il faut savoir qu'un pakistanais ne peut trouver d'alcool nul part...

 

Un peu plus tard le même soir, on a tous filé à la soirée d'une grosse ONG britannique, Merlin.

Grosse maison, beaucoup de musique, plein de monde, des filles en jupe, bras nus, et encore une fois beaucoup d'alcool. Comme le faisait remarquer Clara l'autre jour, la vie d'expat pousse à beaucoup de vices.

 

Je ne suis pas restée longtemps là bas parce qu'il faisait trop chaud, l'air était étouffant même dans le jardin, et il y avait beaucoup de monde. Mais en sortant, j'ai vu sur le trottoir d'en face une trentaine de pakistanais, en Chalwar Kamise (=la tenue traditionnelle), avec leur moustache, immobiles mais debout en train d'essayer de voir à travers les grilles du jardin, comment se passait la soirée, et les allées et venues. Honnêtement, et j'ai honte de dire ça, mais quand je suis sortie, bras nus (c'etait le temps d'aller jusqu'à la voiture) et que j'ai eu ces trente regards TRES LOURDS sur moi, je me suis surprise à avoir une réaction dégoûté voire haineuse à leur égard. Je me suis demandé s'ils n'avaient vraiment rien d'autre à faire que de rester là à nous mater... et comme me l'a dit ma Flo ensuite, non bien sûr, ils n'ont rien d'autre à faire les pauvres....

Je m'en suis beaucoup voulu après coup, mais je trouve que cette vie d'expat est dangereuse, elle donne de mauvaises idées et la barrière entre les pakistanais et les expatriés, crée beaucoup de frustrations.

 

Un autre exemple encore terriblement choquant, me vient en tête: En vue du Mondial de football qui commence ce mois ci, beaucoup d'endroits (French club, British Club, etc...) organisent des soirées avec diffusion du match en direct, sur grand écran avec de la biere, un buffet etc...et l'autre jour, j'etais dans son bureau avec Sofian, en train de lui poser des questions sur la bourse de Karachi, lorsqu'on est venu nous apporter une affiche de présentation des festivités, organisées par le Mariott Hotel. Il y avait écrit: Retransmission de tous les matchs, chilled beer, and bar food, NON-MUSLIM ONLY, DIPLOMATIC PASSPORT.

Je m'en suis étranglée d'horreur en lisant ça et me suis immédiatement retournée vers Sofian, qui lui restait très calme. "Nan mais Sofian, tu ne trouves pas ça scandaleux???" il restait toujours tres calme."Toi qui est musulman en plus, dis quelquechose! c'est du racisme!!". Mais Sofian n'etait pas choqué plus que ça, et m'a expliqué que si le Mariott écrivait "CHILLED BEER", ils étaient obligés d'ecrire "NON MUSLIM ONLY", sinon ils auraient des problèmes avec les autorités.

Quand bien même ce serait vrai, il y a manière et manière de dire les choses...

 

Encore une dernière chose: il y a une nouvelle règle au club français placardée à l'entrée: "Un non-membre, ne peut pas avoir d'invité pakistanais pour le déjeuner". J'aurais compris le "un non-membre ne peut pas avoir d'invité" tout court. Mais "ne peut pas avoir d'invité pakistanais"...

 

Pouah! il est temps que je rentre en France avant de devenir comme ça....

Islamacool

Par BB :: 02/06/2006 à 16:52

Très représentatif des soirées d'islamabad

 

 

 

 

 

 

Clara et moi

 

Queen of the house (part. II)

Par BB :: 01/06/2006 à 18:12

Ai rencontré un autre saoudien l'autre jour au club français.

Il vient tous les soirs pour boire un verre, puisque c'est bien l'utilité première de ces clubs, avant même la piscine et le tennis: trouver de l'alcool!

Il m'a proposée de me ramener à l'entrée de l'enclave (à partir de laquelle je peux trouver un taxi) en voiture parce qu'il commençait à faire nuit, et qu'il n'est pas prudent de se balader seule la nuit, MEME dans l'enclave (cf. chapitre sur les soldats derrière chaque buisson et les vaches).

Enorme jeep, qui ressemble à une voiture de dealer; camera derriere la voiture qui retransmet sur l'ecran du GPS ce qui se passe derriere (poteau, trottoir, autre voiture,...).

Petite musique de fond, saoudienne (très jolie).

En chemin, il me dit que finalement il va me ramener jusque chez moi, que ça ne le dérange pas. Il a quand même laissé trois de ses potes au bar, dont Sofian, avec qui je travaille, en leur disant qu'il reviendrait dans 5 mn...

Mais comme c'etait un pote de Sofian, aucune peur, je ne risque que plusieurs invitations, à dejeuner chez lui dimanche, à venir voir sa maison, et même à passer un week end chez lui à Riad, mais rien de plus grave que ça... Ca n'a pas raté, j'ai eu le droit à un festival!

D'abord il a grillé un feu, pourtant il roulait à 2 à l'heure tellement il doit avoir peur de rayer sa voiture de folie, ce qui n'est pas très difficile quand on voit comment conduisent les pakistanais. Je l'ai soupçonné aussi de faire un peu exprès pour prolonger le trajet, puisque les distances sont assez courtes à Islamabad, mais peut-être que je fabule... Quoiqu'il en soit, on s'est fait arrêter par les flics pour ce feu grillé. Policiers très polis et qui s'excusaient presque de faire leur travail (pas de bombage de torse comme en France). Mon ami saoudien a sorti sa LIASSE (show n°1): "how much? how much!" s'impatientant du fait que le flic remplisse un petit papier et tout. Je dirais presque (oserai-je...) qu'il a essayé de les corrompre à les harceler de "how much?". Mais nos valeureux petits gardiens de la paix pakistanaise n'ont pas cedé à ces tentations et lui ont juste donné un papier pour qu'il aille payer son amende à la banque dans les jours suivants.

 

On a donc repris notre chemin, sur Blue Area, qui est la grosse artère d'Islamabad, où il y a des feux tous les 50m, et donc beaucoup de mendiants, vendeurs de journaux qui passent entre les voitures, et petits vendeurs de bracelets de jasmin. Je passe à chaque fois sur Blue Area quand je vais chercher de l'argent à la Citi Bank, et j'estime qu'il est normal, par ma présence dans ce pays pendant quelques mois, que je participe à faire un peu tourner l'économie locale. Donc j'achete tout ce qu'on me propose, meme les journaux en Ourdou, ça n'a pas d'importance!

Voilà donc un petit vendeur de jasmin qui passe par là, et mon saoudien l'interpelle (parce qu'en plus c'est un geste assez romantique ici d'acheter du jasmin aux filles). J'etais à ce moment là avec Sofian au téléphone, qui m'appelait, inquet de ne pas voir son ami revenir et qu'il me soit arrivé quelquechose, donc je n'ai pas vu la scène. Mais quand j'ai raccroché et tourné la tête vers le saoudien, je l'ai trouvé COUVERT de jasmin, avec tout le stock du petit vendeur dans les mains (show n°2). Il m'a tout donné et a juste gardé un bracelet qu'il a mis autour de son retroviseur, pour que sa voiture sente bon.... Je me suis donc retrouvée avec je ne sais pas combien (50? 100?) bracelet de jasmin dans les deux mains ne sachant meme pas qu'en faire!

Et puis dans une telle quantité, l'odeur devient presque ecoeurante!

 

Fin de l'histoire: il m'a quand même déposée à bon port, et sans avoir décroché ne serait-ce qu'un déjeuner avec moi!